| Napoléon III |
Les quatre Napoléon
Charles Louis-Napoléon Bonaparte (20 avril 1808 - 9 janvier 1873) est le premier président de la République française, élu le 20 avril 1848 avec 74% des voix au suffrage universel masculin, ainsi que le deuxième empereur des Français (1852-1870) sous le nom de Napoléon III. Il est le dernier monarque à avoir régné sur la France.
Issu de la maison Bonaparte, il est le fils de Louis Bonaparte, frère de Napoléon Ier et roi de Hollande, et de Hortense de Beauharnais, fille de l'impératrice Joséphine.
Il devient l'aîné des Napoléon après les morts successives de son frère aîné et du Duc de Reichstadt (« l'Aiglon »).
Il fait connaître sa philosophie politique dans Idées napoléoniennes, mélange de romantisme, de libéralisme autoritaire, et de socialisme utopique. Ses premières tentatives de coup d'État, mal conçues et sans bases populaires, ont échoué ; c'est la vague révolutionnaire de 1848 qui le reconduit à la prééminence politique.
Jeunesse
La loi du 1er janvier 1816, bannissant tous les Bonaparte du territoire français, la Reine Hortense doit s'exiler en Suisse où elle achète en 1817 le château d'Arenenberg (Suisse), dominant le lac de Constance. Elle s'y installe avec ses deux fils.
Sans aucun souci matériel, Louis-Napoléon est élevé par sa mère dans le culte de son oncle et dans la certitude de sa vocation dynastique. Les professeurs de Constance complètent son éducation. Un ancien officier de son oncle Napoléon Ier lui enseigne l'art de la guerre.
En 1830, il est volontaire dans l'armée suisse où il obtient le grade de capitaine d'artillerie en 1834. Il obtient la nationalité suisse dans le canton de Thurgovie, en 1832, ce qui fera dire à certains historiens que Louis-Napoléon Bonaparte aura été « le seul Suisse à régner sur la France ».
Ses premiers faits d'armes
Après la mort du duc de Reichstadt le 22 juillet 1832, et dans la mesure où son frère aîné est mort en 1831, Louis-Napoléon se considère comme l'héritier de la couronne impériale. Il organise ses réseaux en France, et prépare sa prise de pouvoir. Son plan est de soulever une garnison et de marcher sur Paris, en rassemblant sur son passage les troupes et les populations, sur le modèle du retour de l'île d'Elbe en 1814. Il tente sa chance à Strasbourg le 30 octobre 1836 mais il échoue et est arrêté.
Le roi Louis et les oncles du jeune prince condamnent aussitôt l'opération. La reine Hortense écrit à Louis-Philippe pour lui suggérer de laisser son fils quitter la France. Le roi convainc son gouvernement qui, en dehors de toute procédure légale, fait conduire le prince à Lorient où, muni d'une somme d'argent, il est embarqué sur L'Andromède le 21 novembre 1836 à destination des États-Unis d'Amérique, où il sera débarqué le 30 mars 1837. Si la tentative a été un échec complet, elle a fait connaître le prince Louis-Napoléon en France et l'a identifié à la cause bonapartiste.
Le prince ne reste pas longtemps aux États-Unis. Il rentre bientôt en Europe et revient s'installer en Suisse.
En juin 1838, l'un des conjurés de Strasbourg, l'ex-lieutenant Armand Laity, lointainement apparenté à la famille de Beauharnais, publie à 10 000 exemplaires une brochure, sans doute financée par Louis-Napoléon, intitulée Relation historique des événements du 30 octobre 1836, qui est une apologie du bonapartisme. À la suite de cet incident, le gouvernement français demande à la Suisse, au début du mois d'août 1838, l'expulsion du prince Louis-Napoléon et, sûr de l'appui de l'Autriche, menace la confédération d'une rupture des relations diplomatiques et même d'une guerre, allant jusqu’à concentrer dans le Jura une armée de 25 000 hommes. Le gouvernement suisse, indigné, invoque la qualité de bourgeois de Thurgovie du prince.
En définitive celui-ci annonce, le 22 août, son intention de s'installer en Angleterre.
Héritant de sa mère en 1839, Louis-Napoléon a les moyens d'imprimer à 500 000 exemplaires une brochure détaillant son programme politique : Les Idées napoléoniennes, dans laquelle il fait de Napoléon Ier le précurseur de la liberté. Au début de 1840, son fidèle Fialin lance à son tour ses Lettres de Londres, qui exaltent ce prince qui « ose seul et sans appui, entreprendre la grande mission de continuer l'œuvre de son oncle ».
Depuis Londres, le prince prépare une nouvelle tentative de coup d'État. Voulant profiter du mouvement de ferveur bonapartiste suscité par la décision du cabinet Thiers de ramener de Sainte-Hélène les cendres de l'Empereur, il débarque à Boulogne-sur-Mer, le 6 août 1840, en compagnie de quelques comparses parmi lesquels un compagnon de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, le général de Montholon, avec l'espoir de rallier le 42e régiment de ligne. L'opération est un échec total : Louis-Napoléon et ses complices sont arrêtés et incarcérés au fort de Ham. Leur procès se tient devant la Chambre des pairs du 28 septembre au 6 octobre, dans une indifférence générale. Le prince, défendu par le célèbre avocat légitimiste Berryer, prononce un discours éloquent :
Il s'évada de sa prison six ans plus tard , en empruntant les vêtements et les papiers d'un peintre qui, selon certains, s'appelait Badinguet. Il s'établit à Londres avant de revenir pendant la révolution française de 1848 pour se présenter à de nouvelles élections.
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