Scène de vie au moyen âge
Le Moyen Âge est l’époque de l’histoire occidentale située entre l’Antiquité et les Temps Modernes, soit entre 476 (chute de l'Empire romain d'Occident) et 1453 (chute de l'Empire byzantin) après Jésus-Christ, du V e au XV e siècle.
Il s’étend sur une période de mille ans que les historiens ont divisé en plusieurs parties.
Définition
Les dates de début et fin du Moyen Âge ainsi que le découpage en différentes périodes sont discutées.
Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge à la déposition du dernier empereur romain d'Occident Romulus Augustule (* vers 460 – † après 511) par Odoacre en 476. Cependant, beaucoup d'historiens contemporains font perdurer l'Antiquité au-delà de cette date . Certains retiennent la mort de Clovis Ier le 27 novembre 511 comme date conventionnelle de la fin de l'Antiquité.
D'autres font débuter le Moyen Âge avec la mort de Sainte Geneviève le 3 janvier 512. En France, on estime traditionnellement que la fin de l'Antiquité (et par conséquence le début du Moyen Âge) coïncide avec le baptême de Clovis, le 25 décembre 498 (date elle-même discutée).
Quoi qu'il en soit, un événement unique ne peut jouer qu'un rôle symbolique dans un changement d'époque, qui en fait est un processus.
La fin du Moyen Âge est généralement située vers 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :
Plus généralement, les grandes découvertes marquent le début de ce qu'on peut déjà appeler la mondialisation (accroissement des échanges entre différents pays distants, permis par de nouvelles inventions et découvertes).
Les limites exactes du Moyen Âge font encore l'objet de débats entre historiens.
Le terme « Moyen Âge » fut inventé par Flavio Biondo de Forlì.
En français, l'adjectif correspondant à « Moyen Âge » est « médiéval ». « Moyenâgeux », quant à lui, est péjoratif, ou du moins vieilli (« une ambiance médiévale », « une ambiance moyenâgeuse »). L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ».
Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ».
Cependant, l'expression « Moyen Âge » ne veut rien dire en tant que telle. Elle vient de l'expression latine medium aevum qui signifie « âge intermédiaire » ou « âge moyen » d'un homme. Ainsi, « moyen âge » représente un âge intermédiaire entre différentes époques, différents courants artistiques. Keller, philologue allemand mieux connu sous le nom latinisé de Cellarius, a repris l'expression de « Moyen Âge » pour sa chronologie de l'histoire afin de marquer l'époque s'écoulant du IVe au XVe siècles.
Le Moyen Âge a longtemps été défini par opposition à la Renaissance qui l'aurait suivi. L'historiographie contemporaine a plutôt tendance à considérer la Renaissance comme une période de transition entre époque médiévale et époque moderne, aux limites chronologiques assez floues (grosso modo de 1420 à 1630).
On peut donc parler à bon droit d'une période médiévale de la Renaissance.
Principales caractéristiques de l'occident médiéval
Définition de l'Occident
Le mot "occident" désigne à la fois un territoire et une civilisation au Moyen Âge. Le territoire de l'Occident couvre l'ouest de l'Europe (le terme Europe est très peu employé avant la Renaissance), sans recouper exactement les limites de l'empire romain d'occident.
Les limites orientales de cet ensemble sont floues et mouvantes au cours de la période.
En tant que civilisation, l'Occident est le domaine du christianisme romain, dont la langue est le latin. Il s'oppose aux territoires des païens, des musulmans.
À partir du haut Moyen Age et surtout après le Grand Schisme d'Orient (1054), l'occident chrétien et l'empire byzantin se séparent, pour des raisons qui sont bien davantage politiques que théologiques. Cette séparation donne deux branches du christianisme, catholicisme et orthodoxie. Cette dichotomie culturelle correspond aux deux anciennes moitiés de l'empire romain issues du partage de 395 : l'orient (culture grecque), et l'occident (culture latine).
La rupture avec Byzance est consommée en 1204, lorsque Constantinople est prise par les croisés de la IVe croisade.
Cet épisode laissera des blessures profondes. Le primat unificateur de la culture ne doit pas faire oublier les divisions politiques et linguistiques qui émergent dès l'époque carolingienne. L'apparition des langues vulgaires et plus tard du protestantisme remet en question la prétendue unité occidentale.
L'Occident chrétien est donc au Moyen Âge synonyme de Chrétienté latine et s'étend de façon remarquable grâce à l'action des missionnaires et des croisés, avant de conquérir des mondes nouveaux, avec les grandes découvertes du XVIe siècle.
Le système social constitue une pyramide, au pied de laquelle se trouvent les paysans qui représentent 90% de la population et au sommet le roi. On distingue deux branches: la féodalité et le clergé. Sur ces branches, le prince et l'évêque sont au même rang.
Dessous se trouvent les nobles, la petite noblesse et les propriétaires terriens.
Religion chrétienne
Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle la pensée de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome.
Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté.
Organisation de l'Église
Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313, qui accorde aux chrétiens la liberté de culte), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome.
La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — l'Église en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife.
Cette évolution est lente (Ve – XIIIe siècle) et se heurte à de nombreux obstacles :
en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au VIIe siècle ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du VIIIe siècle — Rome de disparition).
Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726 – 843).
Au XIe siècle, la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème.
Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664).
En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine.
Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du VIIIe siècle), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs.
Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au Xe siècle, et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du XIe siècle – premier tiers du XIIe siècle) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures.
Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique.
Au XIIIe siècle, enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses.
Le pape Innocent III applique lors de son « règne » (1198 – 1216) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les Dictatus Papae (1075).
Christianisation de l'Europe
Le baptême de Clovis selon St Gilles
L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences :
cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge.
Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.
Diffusion du christianisme pendant le haut Moyen Age :
Durant le haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496 ou 498) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier.
Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise.
À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé séculier est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens.
Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.
Réformes, lutte contre la violence et les hérésies
Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la vente des sacrements et des fonctions ecclésiastiques (simonie), les clercs indignes (nicolaïsme), et enfin contre les hérésies.
Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (1369 – 1415), etc. À partir du XIIIe siècle, la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains.
Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du VIIIe siècle), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (1227 – 1241), aux guerres hussites, etc.
Manifestations de la foi chrétienne
Les fidèles manifestent leur foi de façon ostensible et la religion est omniprésente : des milliers de personnes répondent aux appels à la croisade ou se lancent sur les chemins de pèlerinage. Des sommes considérables sont engagées pour ériger des églises par dizaines. On vient toucher les reliques et on les sort pendant les processions.
La frontière entre le sacré et le profane est toujours ténue : la peur de l'enfer et du diable motive bien des comportements. Le Moyen Âge est aussi l'époque de l'épanouissement de la mystique chrétienne.
Importance économique, sociale et culturelle de l'Église médiévale.
L'Église perçoit des impôts tels que la dîme dans le royaume de France. Elle reçoit des dons en terres, en meubles ou en argent de la part des puissants qui attendent en retour son aide spirituelle (prières) et politique. Les grandes abbayes disposent de biens fonciers parfois très étendus sur lesquels elles prélèvent des redevances et imposent des tonlieux.
Dans le Saint Empire Romain Germanique, les évêques deviennent de véritables seigneurs à la tête de riches principautés.
Le clergé se fait obéir et respecter des fidèles. Il distribue les sacrements nécessaires au Salut de l'âme. Le curé qui baptise les enfants, marie les couples, bénit les moissons et entend les confessions est un personnage incontournable de la vie quotidienne. L'église et le cimetière sont au cœur du village et sont des lieux d'asile et de réunion.
Les cloches rythment le temps et le calendrier célèbre les temps forts de la vie de Jésus. Le clergé exerce des fonctions sociales telles que la charité, l'éducation (écoles monastiques puis épiscopales), les soins (Hôtel-Dieu, Hospice).
Tout d'abord, rappelons que peu d'études ont été faites sur le statut de la femme au Moyen Age en France. L'image de la femme confinée à la sphère domestique et à l'éducation des enfants relève plus d'une idée préconçue qu'une réalité vraiment connue ou étudiée sérieusement.
Ce que nous savons des femmes vient de celles qui ont exercé un artisanat ou travaillé en collaboration avec leur homme. Des lettres de famille font un rapport des mariages qui étaient des partenariats affectueux. Il semble important selon R. Pernoud de sortir des caricatures qui caractériseraient la condition des femmes au Moyen Age comme la pire.
En effet, il s'avère qu'elles possédaient le "droit de vote" (dans les assemblées) par exemple. Leur domaine s'est peu à peu confiné et réduit à la sphère domestique avec l'avènement de la culture classique antique.
Auparavant, elles avaient un réel rôle social et une vie professionnelle.
N'oublions pas que les reines aussi étaient couronnées par l'archevêque de Reims et qu'elles avaient leur autorité reconnue dans la sphère politique. Marie de Médicis fut la dernière reine couronnée.
C'est plus tard que les reines seront complètement exclues de la sphère politique, à l'époque classique.
Rappelons nous que les femmes n'ont pas toujours été écartées du trône au Moyen Age. La première disposition en ce sens est faite par Philippe le Bel.
Progressivement, les religieuses aussi se sont vues cloîtrées, mais cela n'a pas toujours été le cas au Moyen Âge. Certains abbesses avaient au Moyen Age autant de pouvoir que certains seigneurs.
Le rôle des femmes semble diminuer avec la montée de l'influence du droit romain qui ne leur est pas favorable et cette tendance se poursuivra avec la Renaissance.
L'étude des actes notariés est une grande source pour comprendre et décripter le statut des femmes, ils montrent bien qu'elles ont possédé une plus grande autonomie qu'on ne l'imagine.
Ainsi le statut de la femme autant dans la société civile qu'ecclésiastique semble se modifier au XIII siècle.
C'est seulement au XVI siècle qu'un arrêt du Parlement de 1593 écarte explicitement les femmes de toute fonction de l'état. voir thèmes connexes aussi, mais on distingue les suivants: l'Amour courtois - les nonnes - les veuves - le mariage - la maternité - le travail - l'érudition.
Arts et culture
Un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illettrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques.
Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au VIIe siècle, y sont conservées et pénétrées par le christianisme. À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au XIIIe siècle, les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion.
L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge (XIVe – XVe siècle) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté.
Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien Testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau Testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période.
Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.
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