L'égypte antique.

L'Egypte antique


Pyramides de Gizeh


Bien que l'on puisse définir temporellement l’Égypte antique comme la période de l'histoire égyptienne allant de l'invention de l'écriture à la fin de l'Antiquité, cette notion se rapporte plus particulièrement à la civilisation qui vécut sur les bords du Nil durant cette période de près de quatre mille ans d'Histoire.
Du rassemblement des tribus égyptiennes qui créèrent le premier empire pharaonique jusqu'à son effondrement au début de l'ère chrétienne, l'Égypte antique a été le théâtre d'événements majeurs qui ont profondément influencé la culture d'une grande partie des peuples d'Afrique, de la Méditerranée et du Moyen-Orient.

Histoire
C'est vers la fin du Néolithique que des tribus commencent à se rassembler dans la fertile vallée du Nil, pour aboutir à la constitution de deux royaumes politiquement distincts mais étroitement liés par une culture commune : la Haute-Égypte, au Sud, et la Basse-Égypte, au Nord (le Nil coule du Sud vers le Nord, d'où ces appellations). La tradition attribue au royaume du Sud l'unification du pays (qui devient ainsi le premier état du monde) et l'établissement des premières institutions pharaoniques (par le pharaon Narmer, pensent de nombreux spécialistes).
Le découpage de l'histoire de l'Égypte en grandes périodes et en trente et une dynasties est hérité du prêtre-historien Manéthon IIIe siècle av. J.-C., même si les Égyptiens antérieurs ne faisaient pas cette distinction :
pour eux la monarchie était continuelle.

  • Période prédynastique : période précédant l'unification du pays ;
  • Période thinite : les premières dynasties pharaoniques (capitale This, près d'Abydos) ;
  • Ancien Empire : considéré par les anciens Égyptiens eux-mêmes comme l'Âge d'or de leur civilisation avec, entre autre, la construction des plus grandes pyramides ;
  • Ire période intermédiaire : période d'instabilité politique et de morcellement du pays en deux royaumes rivaux ;
  • Moyen Empire : période faste, stable et de grande activité artistique ;
  • IIe période intermédiaire : période de troubles graves, occupation du pays par les Hyksôs, libération du pays par Amosis ;
  • Nouvel Empire : période la plus prospère de toute l'histoire égyptienne ; elle se caractérise par un renouveau culturel et artistique dont l'apogée est atteinte avec les XVIIIe et XIXe dynasties ; c'est l'époque des Thoutmôsis, des Amenhotep (en grec : Aménophis) et des Ramessides (dont Ramsès II) ;
  • IIIe période intermédiaire : période de guerre civile, les rois-prêtres, domination libyenne puis éthiopienne (royaume de Koush), invasion assyrienne ;
  • Basse époque : dynastie saïte, occupation perse, dernières dynasties autochtones puis domination hellénistique (Alexandre, les Ptolémées).

La fin de l'histoire égyptienne antique varie en fonction du point de vue adopté. Elle s'achève :

  • d'un point de vue ethnologique, à la mort du dernier pharaon autochtone, Nectanébo II en -343 ;
  • d'un point de vue politique, à la mort du dernier souverain autonome, Ptolémée XV Césarion en -30 ;
  • d'un point de vue culturel, lors de la conversion du dernier temple égyptien en église copte, le temple d'Isis à Philae en 535 (fermeture en 551).

Histoire résumée
L'Égypte pharaonique pendant ses 3000 ans d'histoire n'est pas une affaire de frontières géographiques. Sur ce plan elle connut de nombreuses situations en possédant tout d'abord la Nubie puis se dirigeant vers le Moyen-Orient avant de régresser de façon générale pendant la Basse Époque. Pourtant on ne peut nier que certains caractères géographiques sont inséparables de l'identité égyptienne. Ainsi le Nil a modelé le mode de vie et la civilisation de l'Égypte.
On peut plutôt observer que de grands principes se sont maintenus tout au long de l'histoire de Kemet. Il y a toujours eu un pouvoir central fort en la personne du roi. Quand celle-ci devenait faible on assistait à des crises comme la première période intermédiaire à la mort de Pépi II où règnent simultanément plusieurs familles.
Le système où tous les pouvoirs étaient détenus par le pharaon évolua. Il se complexifia en une administration importante. Sous Sésostris III, la fonction de vizir fut dédoublée pour assurer une meilleure gestion. Mais pendant tout ce temps l'institution pharaonique fut maintenue même lors des dominations étrangères. Celle-ci donnait en effet une légitimité au pouvoir en place.

Ce n'est pas par hasard si les Hyksôs, les Perses, Alexandre le Grand puis ses généraux grecs se firent nommer pharaon.
Le fait de suivre l'antique coutume leur conférait une légitimité par rapport aux Égyptiens. La même idée est valable pour toutes les dynasties issues d'Égypte, la fonction de Pharaon réfère à un symbole prépondérant.
En effet les dynasties ne se suivaient pas par filiation. L'état de pharaon permet la réduction de ce fossé familial. Ainsi Ramsès Ier avant d'être couronné était un général et vice-roi.
Mais peut-être cette unité dans la conception du pouvoir n'aurait pas duré autant si la fonction de pharaon ne renvoyait pas à un idéal spirituel. Le pharaon est un lien entre le terrestre et le divin.
Sa fonction ne se limite pas au temporel, il est le premier prêtre d'Égypte. Bien sûr, sur le plan historique, ce n'est pas si simple.
Ainsi on a pu voir la rupture avec la période amarnienne ou la progressive prise de pouvoir au cours des siècles du clergé d'Amon. Mais pour les pharaons ayant un réel pouvoir, leurs fonctions en faisaient les garants du divin. Encore une fois c'est une sorte de légitimité.

Géographie
La géographie de l'Égypte antique, que ce soit d'un point de vue climatique ou géopolitique, est assez proche de celle de l'Égypte contemporaine. L'Égypte est un pays au climat semi-désertique dont seule la bande fertile de part et d'autre du Nil, le delta et quelques oasis éparses, sont propres à l'implantation humaine.
Le reste est recouvert par le désert libyque à l'ouest, le désert arabique à l'est et le Sinaï au nord-est. Les frontières « traditionnelles » de l'Égypte antique sont assez semblables aux frontières de l'Égypte moderne. Ainsi, dans l'Ancien Empire, le pays est délimité au nord par la Méditerranée, au sud par la première cataracte du Nil, à l'ouest par le désert libyque et à l'est par la mer Rouge et le désert du Sinaï.
Le territoire égyptien était découpé en régions administratives, les nomes, qui étaient gouvernés, au nom de pharaon, par des nomarques.

Agriculture
Il existe un étonnant paradoxe entre l'image que les Égyptiens de l'Antiquité avaient de leur agriculture et l'image qu'en avaient les visiteurs étrangers. Ainsi, alors que les scribes dépeignent le métier d'agriculteur comme le plus harassant et ingrat des travaux manuels, les voyageurs grecs comme Hérodote et Diodore de Sicile s'extasiaient devant cette terre où les plantes semblaient pousser sans grand effort.

Peuple
L'origine des premiers Égyptiens fait débat, de nombreuses théories ont été avancées à ce sujet.

Organisation politique
L'Égypte antique est une théocratie. Bien plus qu'un roi, le pharaon était à la fois l'administrateur principal, le chef des armées, le premier magistrat et le prêtre suprême de l'Égypte. En effet, Pharaon avait une mission à remplir : mettre en œuvre la règle de Maât sur la Terre; c'est-à-dire assurer l'harmonie entre les hommes et le ciel, être garant de la morale de son peuple, contribuant ainsi à assurer son éternité.

Art égyptien
L'Art de l'Égypte antique est caractérisé par une idée d'ordre : des lignes claires et simples, associées à des formes simples et des aplats de couleur. Les artistes utilisaient des lignes perpendiculaires, verticales et horizontales, pour former un quadrillage et donner des proportions correctes à leurs travaux.
L'art reflétait l'importance sociale, religieuse et politique. La hauteur des personnages dépendait par exemple de leur rôle dans la société : les plus importants étaient les plus grands - il n'y avait par ailleurs pas de perspective.
Le pharaon est ainsi toujours représenté comme le plus grand des hommes ; et de même les dieux sont plus ou moins imposants selon qu'ils sont considérés plus ou moins puissants.

Mythologie égyptienne
Les Égyptiens de l'Antiquité ont cherché à interpréter tous les phénomènes qu'ils pouvaient observer par le prisme de leur croyance séculaire. La notion la plus importante pour eux est celle de cycle : le cycle du jour avec le soleil renaissant chaque matin, le cycle des années avec l'inondation annuelle qui pouvait être source de joie comme de malheurs (en cas de trop faible ou trop forte crue du Nil)

Les unités de mesure
Attention les unités de mesures varient suivant les époques et les objets mesurés.
Longueurs:
Deux systèmes, deux étalons :

  • la grande coudée royale (meh ni-sout) ;
  • la coudée : environ 0,525 m. sous-multiples :
  • le doigt (djeba),
  • la palme (chesep) ; multiples :
  • la corde (100 coudées royales),
  • l'iterou (environ 4000 coudées). Surfaces:
  • L'aroure soit 2 remen(s) soit 4 heseb(s) et 8 sa(s).
  • L'aroure a 100 coudées de coté. Volumes:
  • 1 Heka (environ 4,8 l) soit 10 Hin, soit 320 Ro (1 RO = 1 cuillerée environ). Outils de mesure :
  • la Henou pour les liquides (une jarre) d'environ 0,46 l
  • le Khar pour le grain (un sac de cuir) d'environ 20 heka Poids:
  • Le deben (environ 91 g) soit 10 kités environ

Histoire de l'Égypte antique
L'histoire de l'Égypte antique se caractérise par l’incroyable longévité des institutions mises en place dès son commencement et qui, bien que n’étant pas restées totalement figées, ont résisté aux périodes les plus troubles. Au sommet de ces institutions se trouve bien sûr le pharaon, roi et seul intermédiaire entre les hommes et les dieux, garant de l’ordre contre le chaos extérieur (envahisseurs) ou intérieur (désordre social).

Les grandes périodes de l'histoire égyptienne antique
Le découpage traditionnel de l’histoire égyptienne ancienne se fait par périodes et par dynasties. La pertinence de ce découpage qui date, dans ses grandes lignes, des historiens de l’Antiquité (notamment de Manéthon), est actuellement remise en cause par les récentes découvertes archéologiques, mais il présente néanmoins l’avantage d'une relative simplicité. On considère généralement neuf grandes périodes :

La période prédynastique (~5500 à ~3150 av. J.-C.)
Cette période, encore assez mal connue, recouvre les temps qui précédèrent l’unification du pays et l’établissement des premières institutions pharaoniques.
Elle commence avec la sédentarisation de diverses peuplades au bord du Nil puis le développement de l'agriculture et de l'élevage à la fin du néolithique.
Des fouilles archéologiques ont permis de connaître plusieurs cultures de cette période :

  • -Mérimdé,
  • -Badarien,
  • -Nagada I (Amratien), II, III puis IV. La fin de cette période est marquée par la centralisation du pouvoir autour de deux pôles, au Nord et au Sud. La dynastie des princes du Sud, a qui l'on attribue le plus souvent l'unification du pays, est désignée par le terme de Dynastie 0.
  • L'époque thinite (~2920 à ~2686 av. J.-C.) Le légendaire premier pharaon, connu sous le nom de Narmer (ou Ménès), fonde ainsi la Ire dynastie dont la capitale est établie à This, non loin d'Abydos. Progressivement, s'organise une administration royale à l'échelle nationale. Le pays est divisé en provinces dirigées par un fonctionnaire royal. Une nouvelle capitale est fondée à la pointe sud du delta : Memphis. Le roi prend le titre d'Horus, en conformité avec la légende d'Osiris qui légitime leur pouvoir.

L'Ancien Empire

Complexe funéraire du roi Djéser

Complexe funéraire du roi Djéser (~2686 à 2181 av. J.-C.)


La déification du roi s'accentue à mesure que son autorité se renforce. Un pouvoir central fort appuyé par une administration compétente permet la mise en œuvre de grands chantiers qui exploitent la main-d'œuvre inactive lors de la crue. Commence alors la construction des pyramides, qui atteint son apogée sous la IVe dynastie à Gizeh (Gîza) : Khéops (Khufu), Khéphren (Khafré) et Mykérinos (Menkâouré).
Cette longue période de cinq siècles voit naître la littérature classique égyptienne qui servira de référence pour les deux millénaires à venir. Les grands thèmes de bases sont posés, tant dans les lettres que dans les sciences ou les arts comme l'architecture, la peinture ou la sculpture.
C’est l’époque des premières pyramides. D’abord la pyramide à degrés à Saqqarah sous le règne du pharaon Djéser, puis des trois pyramides de Snéfrou : pyramide à degrés de Meïdoum, pyramide dite rhomboïdale et pyramide "parfaite" de Daschour.
Il s’agit aussi d’une période d’expansion territoriale avec, vers -2650, la conquête du Sinaï par Djéser et vers -2300, la conquête de la Nubie par Pépi Ier. Une autre pyramide, datant du dernier roi de la Ve dynastie, est connue à cause des premiers textes religieux, les Textes des Pyramides que Gaston Maspero y a trouvés : celle d'Ounas.

La Première période intermédiaire
La première période intermédiaire, bien que d’une durée relativement courte (-2181 à -2160) a vu passer quinze rois en deux dynasties (VIIe et VIIIe).
Elle aura des conséquences importantes sur la conception religieuse, et sur la nature du pouvoir royal.

Le Moyen Empire
Le Moyen Empire commence sous le règne de Montouhotep Ier, mais beaucoup considèrent qu’il démarre sous celui de Montouhotep II, en -2060, sous la XIe dynastie.
La dynastie suivante va produire des rois très célèbres.
Les Sésostris (le plus célèbre demeurant Sésostris Ier, nommé en réalité Khéperkarê Senousret) et les Amenemhat (dont le fort connu Amenemhat III).
À la fin de la XIe dynastie commencera la seconde période intermédiaire.

La Deuxième période intermédiaire
Période d'occupation du pays par les Hyksôs.
Le Nouvel Empire

Le Nouvel Empire est considéré comme la période la plus prospère de toute l'histoire égyptienne.
C'est une période de raffinement et d'évolutions qui s'étale sur un peu plus de cinq siècles. L'initiateur en est Ahmosis, premier roi de cette époque.
Chasseur des Hyksôs (Indo-européens), il va mettre en place les fondations du Nouvel Empire en compagnie de sa mère Ahotep et de son épouse Ahmès-Néfertary.
Le Nouvel Empire couvre une période allant des environs -1500 à -1000 et est formé de trois dynasties : XVIIIe (-1552 à -1292), XIXe (-1292 à -1186) et XXe (-1186 à -1069).
C'est une période qui se caractérise par un renouveau culturel et artistique, dont l'apogée sera la période amarnienne, qui s'explique en partie par l'ouverte du pays vers le monde extérieur, comme l'Asie mineure, la Crète ou le Hatti.
C'est de cette époque que nous viennent certains des plus beaux témoignages architecturaux (temple de Louxor, tombe de Séthi Ier, Ramesséum, Abou Simbel, etc.).

La troisième période intermédiaire
Période de domination syrienne et perse.
La Basse époque

La Basse époque se caractérise par des prises de pouvoir successives de souverains étrangers entrecoupées de courtes périodes d’indépendances. Ces souverains, bien que de cultures très différentes, s’adapteront tous au modèle égyptien et respecteront ses valeurs fondamentales. Ils se feront en effet proclamer pharaon (sauf durant la période perse) et choisiront une titulature royale calquée sur celles des anciens rois, certains cherchant même à retourner vers un archaïsme architectural et lyrique tout droit issu de l’Ancien et du Moyen Empire.
La Basse époque commence par la réunification du pays par Piânkhy qui inaugure la période éthiopienne. Elle perdra le contrôle du pays après l’invasion assyrienne qui laissera de profondes blessures dans l’esprit des égyptiens, les assyriens pilleront en effet des temples et brûleront certaines villes. Ne pouvant gérer le pays, ils favoriseront la dynastie saïte d’origine libyenne.
Par la suite, l’Égypte deviendra une province, d’abord de l'empire perse, des Grecs, puis des Romains avec entre chaque, de courtes périodes d’indépendances.

La fin de la civilisation
La fin de l'histoire égyptienne varie en fonction du point de vue adopté.
Elle prend fin :

  • d'un point de vue ethnologique, à la mort du dernier pharaon autochtone, Nectanébo II en -343 ;
  • d'un point de vue politique, à la mort du dernier souverain autonome, Ptolémée XV Césarion en -30 ;
  • d'un point de vue culturel, à la conversion du dernier temple égyptien en église copte, le temple d'Isis à Philae en 535.
  • Chronologie
  • Période prédynastique
  • Période thinite
  • Ire dynastie, IIe dynastie, Ancien Empire IIIe dynastie, IVe dynastie, Ve dynastie, VIe dynastie,
  • Ire période intermédiaire
  • VIIe dynastie, VIIIe dynastie, IXe dynastie, Xe dynastie, XIe dynastie de Thèbes,
  • Moyen Empire
  • XIe dynastie de Thèbes, XIIe dynastie,
  • IIe période intermédiaire
  • XIIIe dynastie, XIVe dynastie hyksôs, XVe dynastie hyksôs, XVIe dynastie hyksôs, XVIIe dynastie de Thèbes,
  • Nouvel Empire
  • XVIIIe dynastie, XIXe dynastie,XXe dynastie
  • IIIe période intermédiaire
  • XXIe dynastie de Tanis, XXIIe dynastie de Bubastis, XXIIIe dynastie de Tanis ,XXIVe dynastie de Tanis
  • Basse époque
    • XXVe dynastie koushite
    • XXVIe dynastie de Saïs
    • XXVIIe dynastie perse
    • XXVIIIe dynastie
    • XXIXe dynastie
    • XXXe dynastie
    • Dynastie perse
    • Période macédonienne d'Alexandre le Grand
    • Dynastie des Ptolémées
    • Dynastie romaine.

Suite (Basse époque)

Egypte romaine

Egypte moderne

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Dernière mise à jour de cette page le 29/05/2008

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