Desiderius Erasmus Roterdamus dit: "Erasme", philosophe néerlandais.

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Erasme
Desiderius Erasmus Roterdamus

Érasme (Desiderius Erasmus Roterdamus), né en 1469 à Rotterdam, et mort en 1536 à Bâle, était un humaniste et un théologien néerlandais, l'un des plus représentatifs de la Renaissance.


Biographie
Érasme, ou « Gerrit Gerritszoon », c'est-à-dire « Gérard fils de Gérard », serait né à la date du 28 octobre 1469, à Rotterdam. Il est mort en 1536 à Bâle.


Enfance
Érasme était un enfant illégitime (né hors-mariage, à l'époque on parle de «defectus natalis»). Son père était prêtre à Gouda ou bien moine copiste. Sa mère, Margaretha Rogerius, née à Anvers (Rutgers) et fille d'un chirurgien de Mons, était sa femme de ménage.
Elle a probablement passé les mois de grossesse à Rotterdam pour cacher sa « honte ». Toutefois, d'autres sources (une note de l'historien Renier Snooy (1478-1537) indiqueraient qu'Érasme serait né à Gouda. Un an avant cette naissance son père et sa mère avaient déjà eu un autre enfant, Pierre.
Après quatre ans à Rotterdam, Érasme est parti pour Gouda. On lit sur une image gravée sur bois, « Goudæ conceptus, Roterodami natus » (conçu à Gouda, né à Rotterdam). C'est en tout cas en Hollande, probablement à Deventer qu'Érasme suit des études dans une école célèbre pour ses élèves distingués, et dirigée à l'époque par Alexander Hegius von Heek. Il eut une grande influence sur les qualités d'humaniste d'Érasme par ses méthodes de travail et d'éducation.


Années de formation
Sa naissance illégitime n'empêcha pas ses parents de s'occuper de lui avec soin jusqu'à leurs morts respectives qui survint relativement tôt,en 1483. Ils lui donnèrent la meilleure éducation que pouvait recevoir un jeune homme de cette époque, dans des écoles monastiques ou semi-monastiques. À l'âge de vingt-quatre ans, il fut admis à la prêtrise et prononça ses vœux monastiques, mais il ne semble pas qu'il ait exercé une activité de prêtre, et toute sa vie le monachisme a été la cible principale de ses attaques lorsqu'il s'en est pris aux maux de l'Église.
Il continua ses études au Collège de Montaigu, à l'Université de Paris qui était alors le centre principal des études scolastiques, mais subissait déjà l'influence de la Renaissance italienne. Comme étudiant, Érasme choisit de mener une vie indépendante, sans se sentir lié par une nationalité, des liens académiques, des coteries religieuses ou quoi que ce fût qui pût entraver sa liberté de pensée ou sa liberté d'expression littéraire. La langue latine était alors d'un usage universel en Europe et lui permettait de se sentir partout chez lui. Il exerça surtout son activité à Paris, à Louvain, en Angleterre et à Bâle. Son séjour en Angleterre lui permit de former des amitiés qui devaient durer pendant toute sa vie avec les principaux maîtres de la pensée anglaise à cette époque agitée du roi Henri VII : John Colet, Thomas More, Thomas Lynacre et William Grocyn ; il séjourna à Queens' College à Cambridge et il est possible qu’il y ait été étudiant.


Vie active
Reconnu aujourd'hui comme l'un des plus grands humanistes de la Renaissance, Érasme a toute sa vie défendu une conception évangélique de la religion catholique. Il a maintes fois critiqué l'attitude du clergé et du pape, dont les comportements lui semblaient en opposition avec les évangiles.
Auteur de nombreux écrits, principalement des dialogues dont le fameux Éloge de la folie, Érasme a longuement voyagé en Europe, notamment en Angleterre et en Italie pour s'enrichir et développer sa conception humaniste de la chrétienté. Bien que ses idées et ses critiques à l'encontre du pape fussent proches de celles de Luther, il n'a jamais voulu adopter ni encourager la Réforme, ne souhaitant pas créer de schisme à l'intérieur de l'Église, fidèle par là à son idéal de paix et de concorde.
Alors qu’il prépare le doctorat de théologie de la Sorbonne de 1495 à 1499, il gagne sa vie en travaillant comme précepteur. Il compose pour ses étudiants latinistes des modèles de lettres et travaille à l’élaboration d’une rhétorique épistolaire, d’abord en accord avec celle des humanistes italiens, mais appelée à connaître un développement extraordinaire qui aboutit en définitive à l’élévation de la lettre au rang de prose d’art. Influencé par les débats contemporains entre tenants du formalisme médiéval et partisans du néoclassicisme, et en réaction à la publication de la correspondance d’Ange Politien (1498), Érasme entreprend d’illustrer sa propre conception du genre.
Ses manuels d'épistolographie, maintes fois plagiés à partir de 1499-1500, s’inscrivent dans la mouvance évolutive d’une synthèse des traditions classique et médiévale que le De conscribendis epistolis (1522) allait réaliser plus tard. L’attention accordée à l'épistolaire dans son Cicéronien (1528), dialogue satirique sur l’imitation vétilleuse de Cicéron, témoigne également de l’importance que revêt le genre à la Renaissance.
Épistolier infatigable, Érasme écrit des lettres à tout ce que l’Europe compte de princes, de grands ecclésiastiques, d’érudits renommés ou de disciples novices. Il affirme consacrer la moitié de ses journées à sa correspondance. On comptera aujourd'hui plus de 600 correspondants dans toute l'Europe. De 1516 à sa mort, il publie plus d’une douzaine de recueils différents où sont associées ses propres lettres et celles de ses correspondants. Au total, c’est près de douze cents lettres qu’il donne à voir au public, pêle-mêle et sans égard pour la chronologie, ambitionnant d’illustrer à travers elles les ressources expressives du genre tout en projetant une image avantageuse de lui-même et de ses prises de position au sein de la République des lettres.
Grand admirateur des Elegantiæ de Lorenzo Valla, il compose à son tour un recueil d'expressions et de proverbes latins puisés chez les auteurs anciens, les Adages. Chaque expression est commentée et cet exercice, qui lui permet d'illustrer les rapports entre la littérature latine et grecque, est prétexte pour l'auteur à proposer ses analyses sur l'homme, la religion ou les sujets d'actualité. La première édition du recueil (1503) est régulièrement révisée par l'auteur (d'autant que des éditions pirates se font rapidement jour) et le recueil final comporte plus de quatre mille articles.
Il est également l'auteur d'un manuel de Savoir-vivre à l'usage des enfants, aussi connu sous le nom de La Civilité puérile (De civilitate morum puerilium, 1530), destiné au prince Henri de Bourgogne. Cet ouvrage, qui a servi de référence pendant plusieurs générations, donne un bon témoignage de l'état des mœurs dans l'Europe du XVe siècle.
Érasme mourut dans la nuit du 11 au 12 juillet 1536, à Bâle où il était revenu surveiller la publication de l'Ecclésiaste. Il fut enterré dans la cathédrale devenue protestante, bien qu'il fût resté officiellement catholique ; le 19 janvier 1543, ses livres furent brûlés publiquement à Milan en même temps que ceux de Luther. C'était la fin de la réforme humaniste de l'Église catholique.


La traduction du Nouveau Testament
Homme particulièrement instruit et qui, de son vivant, était déjà reconnu dans l'Europe entière comme un des grands penseurs de son temps, Érasme ne se contentait pas de parler et d’écrire le latin, il connaissait aussi le grec et est d’ailleurs à l’origine de notre tradition classique.
Sa connaissance du grec le convainquit que certaines parties de la Bible que l’on trouve dans la Vulgate latine n’avaient pas été correctement traduites. Il décida donc de faire imprimer le Nouveau Testament grec, malgré les objections de ses amis comme Van Dorp pour qui c’était miner le bâtiment de l'Église, déjà alors en si mauvais état. Pour réaliser ce Nouveau Testament grec Érasme disposait de manuscrits grecs au nombre de six. Il en fit une nouvelle traduction latine pour faire voir les différences avec la Vulgate.
Par la suite les Elzevier, une famille d'imprimeurs de Leyde, utilisèrent le texte grec d’Érasme en écrivant au-dessous du titre Textus receptus. Par cette publication Érasme posait les fondements de la réforme de Luther, ce qui lui fut reproché par l'Église catholique. À ce reproche d’avoir pondu l’œuf de l’hérésie, il répondait que ce n’était pas son intention et que ce n’était pas lui le responsable du morcellement de l’Église.


Les grandes dates de sa vie
1469 : Rotterdam, naissance de Desiderius Erasmus, fils illégitime d'un prêtre et d'une fille de médecin.
1488 : Il prononce ses vœux chez les chanoines réguliers de saint Augustin à Steyn.
1492 : Il est ordonné prêtre.
1493 : Secrétaire de l'évêque de Cambrai, il quitte le couvent et le suit dans ses déplacements.
1495-1499 : Séjours à Paris où il apprend le grec et rencontre de nombreux humanistes. Sous l'inspiration du franciscain Jean Vitrier, gardien (supérieur) du couvent de Saint-Omer, il écrit l'Enchirion militis christiani (« Le manuel du soldat chrétien »).
1499 : Premier séjour en Angleterre où il rencontre John Colet, chanoine de Saint-Paul et Thomas More.
1505-1506 : Deuxième séjour en Angleterre.
1506-1509 : Séjour en Italie. Il devient docteur en théologie à l'université de Bologne.
1509-1514 : Troisième séjour en Angleterre chez Thomas More, professeur de grec et de théologie. Il écrit L’éloge de la folie sur la route entre l'Italie et l'Angleterre.
1514 : Il entre en relation avec l'imprimeur Johann Froben à Bâle.
1516 : Conseiller du duc Charles.
1517 : Léon X le dispense de porter l'habit monastique.
1517-1521 : Érasme séjourne principalement à Louvain.
1519 : Luther sollicite l'appui d’Érasme qui déclare vouloir rester neutre.
1521-1529 : Séjour à Bâle, où il publie la majeure partie de son œuvre : Éditions et commentaires de presque tous les Pères de l'Église.
1522 : Première édition des Colloques et publication du De conscribendis epistolis (manuel d'épistolographie).
1524 : Érasme attaque Luther dans son De libero arbitrio (Essais sur le libre arbitre).
1526 : Luther répond à l'attaque d'Érasme par le De servo arbitrio. La polémique continue.
1528 : Publication du Cicéronien.
1529-1535 : Bâle étant toute entière passée à la Réforme, Érasme va s'installer à Fribourg-en-Brisgau.
Dernier grand ouvrage: L'Ecclésiaste.
1535 : Retour à Bâle. Le pape lui offre le cardinalat qu'il refuse.
12 juillet 1536 : Érasme meurt à Bâle.

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Dernière mise à jour de cette page le 15/06/2008

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