Les branches de la philosophie.

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Les branches de la philosophie


Célèbre représentation des différentes écoles de l'Antiquité : on reconnaitra Platon montrant le ciel du doigt (allusion à la Théorie des Idées) et Aristote montrant la terre (afin d'opposer son souci d'une philosophie ancrée dans une connaissance des faits empiriques) (fresque de Raphaël).

Célèbre représentation des différentes écoles de l'Antiquité : on reconnaitra Platon montrant le ciel du doigt (allusion à la Théorie des Idées) et Aristote montrant la terre (afin d'opposer son souci d'une philosophie ancrée dans une connaissance des faits empiriques) (fresque de Raphaël)..


La Philosophie moderne


La philosophie est loin d’être un domaine de connaissances bien délimité au sens où les problèmes auxquels elle se confronte sont d’une extrême variété. Elle étudie de nombreux objets, certains proches, c'est pourquoi sa subdivision en différentes branches est problématique et relève de l'arbitraire. De plus, si des pans entiers de la philosophie sont apparus au XXe siècle, certains domaines se sont détachés très nettement de la philosophie à l'époque moderne. La physique, par exemple, était considérée comme appartenant à la philosophie jusqu’au XVIIIe siècle.
Mais, le détachement n'est pas toujours aussi net, ainsi la science politique, considérée comme une ancienne branche de la philosophie devenue autonome, entretient un dialogue permanent avec la philosophie politique (qui n'est donc pas morte). De même, la biologie, qui a longtemps été entravé par son appartenance à la philosophie avec les thèses finalistes, mécanistes, et vitalistes, revient par une porte dérobée. En effet, à l'aube du XXIe siècle le développement des biotechnologies a pour corollaire l'apparition d'un nouveau champ d'étude philosophique : la bioéthique.
Malgré ces difficultés, les branches suivantes se distinguent aujourd'hui, car chacune a un objet propre bien délimité qu'elle soumet à des questionnements spécifiques (et notamment ceux indiqués ici) :

  • La métaphysique et ses diverses branches (« y a-t-il des réalités immatérielles ? », « Dieu existe-il ? », « l'âme est-elle immortelle ? incorporelle ? »)
  • l'ontologie, rattachée ou non à la métaphysique selon les interprètes (« qu'est-ce que l'être ?», «Pourquoi y a-t-il de l'être plutôt que rien ? »)
  • La philosophie de la religion, partiellement rattachée à la métaphysique puisqu'elle tente de définir le divin et pose la question de l'existence de Dieu, qu'elle double d'une interrogation sur la nature du sacré en général.
  • la morale (« Quelle est la fin des actions humaines ? », « le bien et le mal sont-ils des valeurs universelles permettant de définir cette fin ? »)
  • l’éthique : discipline pratique et normative permettant de définir la meilleure conduite pour chaque situation. Désormais inséparable de la méta-éthique. (« que dois-je faire ? »)
  • La philosophie politique («d'où peut provenir la légitimité du pouvoir ? », « quel est le meilleur régime politique ? » « La morale peut-elle et doit-elle guider l'action politique ? »)
  • La philosophie du droit (« quels sont les relations entre Droit et Justice ? », « comment naissent les normes judiciaires ? », « selon quels critères faut-il les juger ? »)
  • la gnoséologie ou théorie de la connaissance (« D'où provient la connaissance ? » « Qu'est-ce que la vérité ? »)
  • L'esthétique (« Qu'est-ce que le Beau ? »)
  • La philosophie de l'esprit (« Quelles sont les relations entre corps et esprit ? » « Comment fonctionne la cognition ? »)
  • La philosophie de la logique
  • La philosophie de l'action (« la Liberté est-elle illusoire ? »)
  • La philosophie de l'histoire (« l'histoire est elle régie par des lois, une nécessité, ou est-elle le fruit absurde de la contingence ? »)
  • La philosophie du langage (« Quelles est l'origine du langage ? » « En quoi le langage se distingue-t-il d'autres systèmes de communications ? » « Quelles relations entretiennent langage et pensée ? »)
  • L'épistémologie qui est littéralement un discours sur la connaissance (ou encore sur la science dans une acception restreinte assez courante) et rejoint dans ce sens la gnoséologie ou théorie de la connaissance, tout en se référant également à la méthodologie et aux philosophies du langage et de l'action. Il est à noter que la plupart des grandes pensées philosophiques débordent de leur domaine originel, et tentent d'apporter des réponses à plusieurs problèmes philosophiques.

Histoire de la philosophie occidentale
Philosophie antique

La philosophie grecque a connu trois grands périodes:

  • La période présocratique, qui désigne les pensées précédant celle de Socrate. Les présocratiques sont considérés comme les fondateurs de la tradition philosophique occidentale ;
  • La période grecque classique (Ve siècle), qui commence avec Socrate à Athènes et se poursuit avec Platon, Diogène et Aristote. Le (Ve siècle) est aussi le siècle de la sophistique représentée par Gorgias et Protagoras entre autres ;
  • Après les conquêtes d'Alexandre le Grand, la période hellénistique : Épicure, les stoïciens ou les sceptiques qui sont les penseurs les plus importants de cette époque.

La philosophie grecque se caractérise par le fait qu'elle est dominée par l'éthique, par la question « comment bien vivre ? » et plus particulièrement par celle de la vertu et du bonheur . L'importance de ce thème apparaît évidente à la lecture des dialogues de Platon, des textes d'Aristote, des stoïciens ou d'Épicure. La conséquence de cette tendance est que la philosophie était comprise comme une façon de vivre et non pas uniquement comme un discours théorique (même si ce dernier ne saurait être ignoré naturellement) ce qui est particulièrement frappant chez un Socrate, un Diogène ou chez les stoïciens.
Les deux autres grands domaines de la recherche des penseurs antiques sont d'une part la cosmologie et la physique (ce qu'on a longtemps nommé philosophie naturelle), d'autre part la théorie de la connaissance parfois liée à la logique. Ainsi, la question fondamentale qui occupait les philosophes présocratiques était la question du principe de toute chose. Au travers d'un mélange d'observations empiriques et de spéculations, ils tentèrent de comprendre la nature et ses phénomènes.
Ainsi le premier philosophe connu, Thalès, tenait l'eau pour le principe de toute chose. Platon dans le Timée (dont l'influence fut primordiale au cours de l'histoire de la philosophie) cherche lui aussi à expliquer la naissance du monde, et imagine un démiurge qui aurait créé notre univers. Enfin, la Physique d'Aristote, tout comme la lettre à Hérodote d'Épicure ou la physique stoïcienne montrent le vif intérêt des anciens pour la connaissance de la nature (φυσις). La théorie de la connaissance et la logique étaient elles aussi essentielles pour les philosophes de l'Antiquité. Les sophistes défendent souvent une thèse qu'on peut qualifier de relativiste car elle revient à nier l'existence d'une connaissance objective et universellement valable. « Rien n'est vrai en (en soi). Pour chacun la chose apparaît, telle qu'elle apparaît, selon les circonstances et l'environnement ». Tel est le sens de la célèbre formule : l'homme est la mesure de toute chose.
Platon, à la suite Socrate qui affirmait l'existence d'une science objective des valeurs et normes morales, développe une théorie de la connaissance explicitée dans la République et le Théétète. Platon fait en effet la distinction entre la simple opinion ou doxa empirique et sans fondement et le véritable savoir philosophique, qui ne peut être acquis que par un long parcours d'apprentissage des mathématiques, de la dialectique et de ce qu'on appelle la théorie des Idées. Épicure, quant à lui, développe toute une théorie empiriste de la connaissance afin de déterminer les critères que doit remplir une connaissance pour être vraie. Enfin, aussi bien Aristote que les stoïciens ont fondé une logique formelle, sous la forme, respectivement, de la syllogistique et d'une logique des propositions.


Philosophie médiévale
La philosophie médiévale d'Occident et du Proche Orient sont issues du même courant. Ce sont les penseurs musulmans et chrétiens, puis entre musulmans eux-mêmes, qui en cherchant des arguments convaincants vont faire appel à la philosophie antique. Du Moyen-Orient, principalement musulman, vont naître plusieurs écoles de pensée et de méthode qui seront reprises plus tard en Occident, alors que les sociétés musulmanes finiront par étouffer les idées originales nées durant cette période.


Philosophie islamique
Les sources de la philosophie islamique proviennent à la fois de l'Islam en lui-même (Coran et Sunna) ainsi que de la philosophie grecque, iranienne préislamique et indienne.
C'est en cherchant à affiner la doctrine de l'islam et à interpréter correctement les hadiths, tout en extrapolant sur les questions religieuses qui n'avaient pas été explicitement tranchées dans le Coran, que naît la méthode de l'ijtihad. Avec elle s'ouvrent les premiers débats philosophiques et théologiques en Islam, notamment entre les partisans du libre arbitre ou Qadar (de l'arabe : qadara, qui a le pouvoir), et les djabarites (de djabar force, contrainte), partisans du fatalisme.
La théologie en islam doit répondre à des interrogations concernant la Théodicée, l'eschatologie, l'anthropologie, la Théologie négative et la Religion comparée. Plusieurs courants philosophiques existent en terre d'Islam :

  • la philosophie hellénistique de l’islam (falsafa) ;
  • la théologie dialectique (kalâm) ;
  • le soufisme, théorie ésotérique de l'Islam ;
  • les écoles littéralistes (Atharisme comme pour le madhhab Hanbalisme).

La Madhhab motazilite est née d'une opposition aux vues traditionnelles des musulmans partisans du califat. Puis, s'intéressant aux attaques que subissait l'islam de la part des non-musulmans, ces Motazilistes devinrent rapidement obsédés par le débat avec les autres théologies et courants de pensée à l'intérieur de l'Islam lui-même.
Le calife Al-Mamun fait du motazilisme la doctrine officielle en 827 et crée la Maison de la sagesse en 832. Très rapidement, la philosophie grecque est introduite dans les milieux intellectuels persans et arabes. L'École péripatétique commence à avoir des représentants parmi eux : ce fut le cas d'Al-Kindi , d'Al-Farabi , d'Ibn Sina (Avicenne) , et d'Ibn Rushd (Averroès) .
Ceux qui cherchaient par une démonstration philosophique à conforter et démontrer le bien-fondé de leur foi religieuse ont été recrutés par Hunayn ibn Ishaq, un arabe chrétien qui dirige la maison de la sagesse dans les 870. Ils ont collecté, traduit et synthétisé tout ce que le génie des autres cultures grecque, indienne, iranienne ont pu produire avant d'entreprendre les commentaires sur ces œuvres. C'est ce travail qui forme les bases de la philosophie musulmane du IXe et Xe siècle. Ceux qui utiliseront cette méthodologie dite Ilm-al-Kalâm basée sur la dialectique grecque seront appelés mutakalamin. En réponse au motazilisme, Abu al-Hasan al-Ash'ari, initialement un motaziliste lui-même, développe le Kalâm et fonde l'école de pensée acharite qui s'appuie sur cette méthodologie. Ainsi le kalâm et la falsafa influenceront plusieurs madhhabs.


Sous le califat des Abbassides, un certain nombre de penseurs et de scientifiques, et parmi eux de nombreux musulmans non-sunnites ou des non-musulmans, jouent un rôle dans la transmission à l'Occident des savoirs grec, indien, et d'autres sagesses préislamiques, mésopotamiennes et iraniennes. Trois penseurs spéculatifs, les deux Persans al-Farabi et Avicenne, et l'Arabe al-Kindi, combinent l'aristotélisme et le néoplatonisme avec d'autres courants dans l'Islam. Ils furent considérés par beaucoup comme déviants par rapport à l'orthodoxie religieuse, et certains les jugèrent même comme des philosophes non-musulmans.
Les ismaéliens ne sont pas à l'écart de l'influence de la philosophie Néoplatonicienne et plusieurs penseurs collaborent pour produire à Basra une encyclopédie : la Ikhwan al-Safa.
Le XIIe siècle voit l'apothéose de la philosophie pure et le déclin du Kalâm. Cette suprême exaltation de la philosophie doit être attribuée, pour une large part au persan Al-Ghazali et au juif Juda Halevi. En émettant des critiques, ils ont produit par réaction un courant favorable à la philosophie par une mise en cause des concepts et en rendant leurs théories plus logiques et plus claires. Ibn Bajjah et Averroès ont produit les plus belles œuvres de la pensée islamique. Averroès clôt le débat par son œuvre d'une grande hardiesse. La fureur des orthodoxes est en effet telle que le débat n'est plus possible. Les orthodoxes s'en prennent sans distinction à tous les philosophes et font brûler les livres. Le débat se poursuivra, mais en occident, par l'intermédiaire des juifs.


Philosophie chrétienne
Souvent caricaturée et décriée, la philosophie médiévale s'étend sur la vaste période qui sépare la philosophie antique tardive de la philosophie moderne. Bien loin de se résumer à l'image négative qu'a aujourd'hui la scolastique, elle présente toute une variété de penseurs d'inspirations sensiblement différentes.
D'une part le Moyen Âge est une des périodes les plus fécondes en ce qui concerne la logique. Certaines lois logiques ont été connues dès le Moyen Âge (par exemple Pierre d'Espagne connaissait déjà ce qu'on appellera plus tard la loi de De Morgan) avant d'être ensuite oubliées. C'est surtout la philosophie de la logique qui connut un développement important. Les penseurs médiévaux se concentrèrent plus particulièrement sur la célèbre Querelles des universaux, dont le point de départ fut une remise en cause de la théorie des Idées platoniciennes. Elle fut animée entre autres par Abélard, Albert le Grand et Guillaume d'Ockham.
D'autre part le Moyen Âge fut aussi un âge de redécouverte de la philosophie antique à partir du XIe siècle. La traduction en latin du corpus aristotélicien modifiera ensuite grandement la donne, et contribuera à réaffirmer Aristote comme l'un des philosophes les plus influents de l'histoire.
Mais cette redécouverte ne sera possible que par l'intermédiaire des philosophes arabes et souvent par des traductions indirectes du grec vers l'arabe et de l'arabe vers le latin. La tradition de commentaire des textes est aussi très présente : le commentaire des Sentences de Pierre Lombard sera pour longtemps un exercice canonique de l'époque. Quant aux commentaires d'Aristote par saint Thomas d'Aquin, ils feront longtemps autorité et constitueront un modèle du genre.
Enfin, la philosophie médiévale est très liée à l'église, et les réflexions philosophiques ont souvent un fond religieux plus ou moins prégnant. Les philosophes du Moyen Âge, qui avaient tous reçu une formation en théologie, se basaient sur les textes bibliques et tentaient souvent de concilier les enseignements de la Bible avec les écrits des philosophes antiques. Cette réconciliation prît la forme d'une subordination de la philosophie à la théologie, les Vérités révélées des Écritures primant sur la « lumière naturelle » de la Raison.


Philosophie juive
Deux réactions eurent lieu chez les Juifs face à la philosophie grecque: alors que les Juifs restés en Judée se rebellaient contre l'hellénisation, d'autres s'installaient en terre grecque, à Alexandrie, et produisaient des penseurs qui, à l'exemple de Philon, n'hésitaient pas à confronter les deux langages.
Représentant typique du judaïsme hellénisé d'Alexandrie, Philon ne parle probablement pas l'Hébreu. Il rêve de concilier religion et philosophie, révélation et raison : la philosophie est le moyen de défendre et de justifier les vérités révélées du Judaïsme. Celles-ci sont pour lui fixées et déterminées, et la philosophie permet d'en approcher.
Deux réactions eurent lieu chez les Juifs face à la philosophie grecque: alors que les Juifs restés en Judée se rebellaient contre l'hellénisation, d'autres s'installaient en terre grecque, à Alexandrie, et produisaient des penseurs qui, à l'exemple de Philon, n'hésitaient pas à confronter les deux langages.
Représentant typique du judaïsme hellénisé d'Alexandrie, Philon ne parle probablement pas l'Hébreu. Il rêve de concilier religion et philosophie, révélation et raison : la philosophie est le moyen de défendre et de justifier les vérités révélées du Judaïsme. Celles-ci sont pour lui fixées et déterminées, et la philosophie permet d'en approcher.
La Bible est pour lui un ouvrage de législation religieuse parsemé de leçons d'éthique, Moïse un précurseur de Solon ou Lycurgue, les commandements bibliques inculquent à l'homme les fondements du stoïcisme, et accordent son rythme aux rythmes cosmiques et universels. Le Shabbat vise à abolir toute barrière sociale, la casheroute à enseigner la modération et la frugalité.
Il fallut l'expansion du monde de l'Islam pour que la philosophie revienne frapper en force aux portes du monde juif. Elle avait désormais un tout autre visage :

  • d'un côté, les Mutazilites s'en faisaient un outil afin d'étudier rationnellement les Textes sacrés ;
  • de l'autre côté, le néoplatonisme avait été adapté puis adopté : l'émanationnisme, la perfection infinie de l'Un, la montée de l'âme etc. sont des thèmes très proches des croyances religieuses, permettant de s'essayer à la fois à la spéculation rationnelle et à la spéculation mystique.

L'un des penseurs les plus marquants du Judaïsme, Juda Halevi, se leva alors pour combattre la philosophie. Cependant, Juda Halevi ne cessa de se « mouvoir dans l'univers mental de ses adversaires » pour les contrer, alors que son contemporain, Abraham ibn Dawd Halevi tentait d'introduire ses contemporains aux idées Aristote.
L'aristotélisme trouva son représentant dans le géant de la philosophie juive, Moïse Maïmonide. Il changea littéralement le champ de vision du Judaïsme. Il fut l'« Aigle de la Synagogue », qui écrivit le Commentaire sur la Mishna et le Mishné Torah, le « Prince des Médecins » et surtout un des plus grands érudits que connut le Judaïsme. Auteur du Guide des Égarés dont le but est de résoudre la difficulté qui se présente à l’esprit d’un juif croyant, concurremment nourri de réalités philosophiques. Maïmonide a réussi à expliquer les anthropomorphismes bibliques, à dégager la signification spirituelle cachée derrière les significations littérales et à montrer que le spirituel était la sphère du divin.


La philosophie médiévale en Occident est caractérisée par la rencontre du Christianisme et de la philosophie.
La philosophie médiévale est une philosophie chrétienne, à la fois dans son intention et par ses représentants qui sont presque tous des clercs.
Un thème fondamental constant est à partir de là aussi le rapport entre la foi et la raison. Mais ceci ne signifie pas que la pensée se manifeste désormais selon une unité dogmatique. Le conflit des directions philosophiques entre elles d'une part et les condannations de thèses par les autorités écclésiastiques d'autre part, montrent bien que la pensée se déploie sur des voies trés autonomes et divergentes. Malgrés sa grande diversité et sa longue période de développement, elle se manifeste cependant une certaine unité dans la présentation des questions philosophiques: discussion des auteurs du passé, confrontation avec les Saintes Ecritures et les textes des Pères de l'Eglise, afin d'examiner toutes les facettes d'un même problème, dont à la fin l'auteur proposait la résolution. La première période coïncide avec l'Antiquité :


La Patristique(environ IIème-VIIème s)est caractérisée par les efforts des Pères de l'Eglise(patres)pour édifier la doctrine chrétienne à l'aide de la philosophie antique, et de l'assurer ainsi à la fois contre le paganisme et contre la gnose. Le représentant de la philosophie chrétienne le plus important et ayant eu le plus d'influence dans l'antiquité est Aurélien Augustin (St Augustin).
Son oeuvre, influençée par le néoplatonisme, est une des principales sources de la pensée médiévale. Aprés la fin de l'Antiquité(la date symbolique de 529 ap J.C, marque la fermeture de l'accadémie platonicienne ordonnée par Justinien), les textes transmis sont, durant des siècles, conservés et recopiés dans les monastères; pourtant, la pensée philosophique perd son autonomie et sa force propre. La période qui s'ouvre à partir du IXème S est appelée généralement la Scolastique . L'appellation de Scolastiques (scola=école) désignent ceux qui s'occupent scolairement des sciences; et particulièrement les professeurs qui travaillent dans les écoles des diocèses ou de la cour fondée par Charlemagne et plus tard, dans les Universités.
Mais avec le terme Scolastique, c'est avant tout une méthode qui est évoquée. Les questions sont examinées et résolues rationnellement suivant le pour et le contre. Ce qui caractérise la Scolastique, c'est un retour aux textes anciens, leur analyse critique et leur message. Les Universités, fondées à partir du XIIème siècles, deviennent le centre de la vie intellectuelle. Le développement du savoir dans les 4 Facultés fondamentales suivantes:Philosophie (Septem artes liberales), Théologie, Droit, et Médecine.
Les Disputationes qui ont lieu dans les Universités suivaient le strict schéma de la méthode scolastique. A la fin, sa sclérose formelle, fut le point de départ de la critique qui se réalisa à la Renaissance contre cette forme de philosophie. Les sources antiques auxquelles s'abreuve la Scolastique sont avant tout; Saint Augustin; la tradition néoplatonicienne(avec ici les écrits d'un auteur inconnu qui se nomme Denys L'Areopagite; Boece qui transmet la logique aristotélicienne; plus tard l'ensemble des textes d'Aristote).


On distingue les périodes suivantes: Au cours de la première scolastique (XIème XIIème siècles) débute l'élaboration de la méthode proprement scolastique. A ce momment se propage la querelle des "Universaux" qui est aussi le thème du siècle suivant. La question est de savoir si, à toutes les déterminations universelles (genres et espèces par exemple l'homme)correspond une réalité indépendante de la pensée, ou si elles n'existent que dans la pensée en soi. L'influence du monde arabe est trés importante pour le développement futur de la philosophie.
Dans les années 800-1200, la culture islamique a permis la transmission de la philosophie et de la science grecques. C'est de cette manière qu'une plus grande partie d'écrits que celle dont disposait le moyen-age chrétien devint accessible. Ce fut le cas des oeuvres complètes d'Aristote La nouvelle réception d'Aristote imprègne l'image de la haute scolastique (environ XIIème XIIIème siècles).
Aucun penseur ne parvient à une connaissance complète des principes d'Aristote. C'est sur ce point que s'opposent la pensée franciscaine, orientée vers l'Augustinisme, et la pensée aristotélicienne des dominicains. Thomas d'Aquin a repris la vaste entreprise systématique visant à l'union de l'aristotélisme et de la pensée chrétienne Le caractère antinomique de certains enseignements d'Aristote avec le dogme chrétien conduisit, de la part de l'Eglise, à une interdiction temporaire de certains écrits et à la condannation d'un série de thèses philosophiques.
Avec Maître Eckhart, la tradition de la mystique médiévale parvint à son apogée; il s'agit de la voie vers la contemplation intérieure et de l'union avec le divin.
Les représentants plus lointains sont henri Suses, Jean Tauler et jean Gerson Dans la scolastique tardive (XIVème siècles) s'impose avec guillaume d'Ockham, la critique des systèmes métaphysiques des anciennes écoles (via antiqua). La nouvelle voie (via moderna appelée aussi le nominalisme) va de pair avec un épanouissement des sciences naturelles(nicolas d'Oresme, Jean Buridan) (Atlas de la philosophie livre de poche).

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Dernière mise à jour de cette page le 15/06/2008

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